Je ne sais pas trop quoi dire. Quoi te dire. Non, quoi dire tout court, en fait. Comme toujours, mon séjour parmi vous restera dans ma mémoire pendant un long long long moment. Et c'est inévitable, je le sais à chaque fois que je viens. Je sais que ça va être bien, génial, mémorable. Je sais aussi qu'en partant je vais ressentir un putain de vide parce que toi, ta s½ur, Francois (même tes parents au fond xD), vous faîtes partie de ma vie. Et pourtant, injustement (ou judicieusement, je ne saurais dire) vous êtes loin. Pas distants, loin. Vous faîtes partie de ma vie et putain de merde, j'ai l'impression de ne vous avoir qu'à moitié.
Alors je sais, qu'en rentrant je vais me sentir vide, pas le même vide que d'habitude, pas le vide de quand je m'ennuie, pas le vide de quand je suis impuissante, comme si je ne pouvais rien faire. Non, le vide de « j'ai laissé une partie de moi là-bas ». Le vide de « j'ai coupé mon c½ur en deux et je leur en ai donné un bout pour pas risquer de le bousiller en entier » (mais en moins niais, s'il te plaît). Tu sais toi, à quel point j'Aime et à quel point ça finit toujours par me retomber dessus, ou que je finis par haïr. Quels que soient les renversements. Alors y a toujours un morceau de moi dans ton appartement, à Lyon. Peut-être dans les fringues que j'éparpille (bien qu'il me semble que je n'ai rien oublié cette fois), ou alors dans la cuisine, ou bien peut-être dans la chaise sur laquelle je m'assois quand j'habite chez vous et que vous remettez dans le salon après mon départ. Peut-être à Récamier, à la machine à café, dans les colliers de bonbons, au Garçon Boulanger fourré dans un Bronwie (parce que oui Madame la boulangère, on dit un BRONWIE chez nous, na). Peut-être que mon morceau est planté dans les tréfonds de ton PC ou dans le lavabo de ta salle de bain, là où la couleur naturelle de mes cheveux de tresses est partie en même temps que celle de Francois, Alex et Sophie. Ou alors caché au fond du cendrier sur le balcon, celui que j'ai eu le loisir de remplir pendant mon séjour. Peut-être dans tes bottines de bonasses que j'ai eu le courage de porter pour te soulager x)
Tout ce que je peux dire c'est qu'en rentrant chez moi, pendant de longues semaines, ça va être dur. Dur de m'habituer. Dur de reprendre le cours de mon autre vie. Dur de reprendre mon autre rôle, mon autre moi. Dur de reprendre des couleurs. Dur de rester au soleil. Dur d'enlever la veste de Francois. Dur de retirer mes deux paires de chaussettes. Dur de ne plus passer mes journées à Fnac. Dur de retourner au lycée pour décrocher ce putain de Bac du premier coup. Dur de revoir les gens là-bas. Dur de me retrouver être la seule à avoir des mèches blondes. Dur de pas pouvoir acheter des Lucky Strike. Dur de pas embrasser les cheveux d'Alex. Dur de pas me déplacer en tram ou en métro. Dur de ne plus avoir un H&M à portée de main. Dur de vous parler uniquement sur MSN ou par blogs interposés. Dur de ne plus faire le « petit » goûter du vendredi. Dur de plus sourire comme avec vous. Dur de me dire que tout dépend de moi, à nouveau. Parce que quand je suis chez toi putain, quand je suis chez toi, tout s'envole. Je me sens libre. Je n'ai de comptes à rendre à personne, je n'ai à me soucier de rien. Et c'est pas juste que c'est appréciable, c'est juste que c'est comme... un instant d'égarement. Tu sais, celui où tu regardes une scène qui peut sembler anodine dans la rue. Quand tu te rends compte que la vraie vie c'est ça et que c'est la plus belle qui soit. Et qu'elle est là, juste sous tes yeux. C'est ça, quand je suis avec vous. Je suis dans la vie que je voudrais vivre.
KEEP ON SHININ' <3
Laure.
Tu sais que je ne saurai jamais dire assez bien, que j'aurai jamais autant de mots que toi pour dire le vide. En Droit, on parle pas forcément "d'absence", on parle aussi de "non présence". Alors voilà, je suis rien qu'une étudiante en Droit qui rigole tout le temps, qui ne sait jamais dire quand ça ne va pas, qui pleure pas devant les autres (ou alors dans la salle de bain, par terre, comme dans les films, et après elle se fait ramasser du carrelage par maman), qui a toujours quelque chose de travers parce qu'elle somatise toute l'année. J'suis rien qu'une fille qui a sombré pendant un petit bout de temps et qui ne se l'est jamais avoué. J'suis rien que la nana sur qui t'es tombée en TPE en première, et chez qui t'es restée un sacré moment. J'suis rien qu'un petit bout de cette famille dont tu fais partie, et qui t'Aime tant.
J'suis rien que celle qui ressent ta non présence comme une déchirure, tout le temps sauf ces deux mois par an. Je suis rien que celle qui est restée sur le quai et qui aurait jamais cru que ça pouvait faire aussi mal de voir un train partir, ni qu'elle serait aussi niaise et fragile.
Y'a des bouts de toi partout, dans tout ce que t'as écrit, dit. Tu dis "judicieusement" et moi non plus je ne sais pas trop quoi en penser, pas sur qu'on pourrait vivre ensemble toute l'année. Je sais pas si c'est légal x)
A chaque fois que tu viens, je me prends une grande claque, et même si t'es plus jeune que moi je sais que t'es ma grande soeur, parce que t'es la seule qui a les couilles de me sermonner parfois, sans me juger. Ca fait excessivement mal de se reconnecter avec la part de soi qu'on a essayé de refouler depuis trop longtemps. C'est pas un hasard si le seule chose que j'aie dessiné depuis des mois, c'est une photo de toi Je sais pas de quoi j'ai voulu me protéger tout ce temps, mais avec toi mes défenses sont au minimum AU MINIMUUUUM (8). Je sais pas si je te rend le tiers de tout ce que tu donnes. Je sais pas si j'aurai la force de changer sans toi. Cet été, tu sais, on sera des vraies filles. Je vais fomenter ça pendant les mois qui viennent, peut être qu'on devrait partir vraiment loin... Ou pas.
Voilà, je crois que j'ai dit tout ce que je suis en mesure d'exprimer avec des mots pour l'instant. Si tu savais tout ce qui reste encore dans un coin de ma tête, dans mon ventre et que j'arrive pas à te dire.
J'suis rien que celle qui ressent ta non présence comme une déchirure, tout le temps sauf ces deux mois par an. Je suis rien que celle qui est restée sur le quai et qui aurait jamais cru que ça pouvait faire aussi mal de voir un train partir, ni qu'elle serait aussi niaise et fragile.
Y'a des bouts de toi partout, dans tout ce que t'as écrit, dit. Tu dis "judicieusement" et moi non plus je ne sais pas trop quoi en penser, pas sur qu'on pourrait vivre ensemble toute l'année. Je sais pas si c'est légal x)
A chaque fois que tu viens, je me prends une grande claque, et même si t'es plus jeune que moi je sais que t'es ma grande soeur, parce que t'es la seule qui a les couilles de me sermonner parfois, sans me juger. Ca fait excessivement mal de se reconnecter avec la part de soi qu'on a essayé de refouler depuis trop longtemps. C'est pas un hasard si le seule chose que j'aie dessiné depuis des mois, c'est une photo de toi Je sais pas de quoi j'ai voulu me protéger tout ce temps, mais avec toi mes défenses sont au minimum AU MINIMUUUUM (8). Je sais pas si je te rend le tiers de tout ce que tu donnes. Je sais pas si j'aurai la force de changer sans toi. Cet été, tu sais, on sera des vraies filles. Je vais fomenter ça pendant les mois qui viennent, peut être qu'on devrait partir vraiment loin... Ou pas.
Voilà, je crois que j'ai dit tout ce que je suis en mesure d'exprimer avec des mots pour l'instant. Si tu savais tout ce qui reste encore dans un coin de ma tête, dans mon ventre et que j'arrive pas à te dire.
WE'LL KEEP ON SHINING BABY, as long as you come back someday.
Emmanuelle.



